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Extrait - Scène 02 - vers 136 à 219 - Les marins et Néoptolème entendent un cri.

Auteur  Sophocle, [Référence : Sophocle, traduction nouvelle. Editeur : Alphonse Lemerre. 1877. Pages 298 à 301.]  Philoktètès  traducteur  traduit du grec ancien par Leconte de Lisle  Vers le site de la FNAC...

LE CHŒUR.
Strophe I.
Maître, étranger sur cette terre étrangère, que dirai-je à cet homme défiant ? Enseigne-le-moi. En effet, la science de qui tient le sceptre divin [140] de Zeus l'emporte sur la science de tous les autres, et le commandement suprême, ô fils, t'a été légué depuis les anciens âges. C'est pourquoi dis-moi comment je puis te servir.

NÉOPTOLÉMOS.
Si tu désires voir le fond du lieu où il couche, regarde maintenant en toute confiance; mais, dès que l'homme effrayant viendra, sors de l'antre, et, toujours à portée de ma main, viens à mon aide au moment opportun.

LE CHŒUR.
Antistrophe I.
[150] Tu m'ordonnes, ô Roi, ce dont je m'inquiète depuis longtemps, et j'ai surtout l'œil ouvert sur ce qui t'intéresse. Dis-moi maintenant quelle retraite il habite, où il est. Il convient, en effet, que je sois instruit de ceci, pour qu'il ne survienne pas subitement. Quel est le lieu, quelle est la demeure ? Quel chemin suit-il ? Est-il dedans ou dehors ?

NÉOPTOLÉMOS.
Tu vois sa demeure, [160]ce rocher à deux ouvertures.

LE CHŒUR.
Où le malheureux est-il allé ?

NÉOPTOLÉMOS.
Sans doute il est allé chercher de la nourriture, et il suit ce sentier qui est proche d'ici. On dit, en effet, que telle est sa vie accoutumée, perçant misérablement, le malheureux, les bêtes sauvages de ses flèches ailées, et ne pouvant trouver de remède à ses maux.

LE CHŒUR.
Strophe II.
A la vérité j'ai pitié de lui, [170] car personne ne s'en inquiète, et le malheureux n'est consolé par l'aspect d'aucun mortel ; mais, toujours seul, il souffre d'un mal affreux, et il va errant, en proie au désir toujours déçu de toute chose nécessaire. Comment le malheureux résiste-t-il ? Ô industrie vainement habile des mortels ! Ô misérables générations des hommes pour qui la vie mauvaise passe toute mesure !
Antistrophe II.
[180] Celui-ci qui, peut-être, n'est au-dessous d'aucune des familles anciennes, privé des choses de la vie, manque de tout, éloigné des autres hommes, jeté au milieu des bêtes sauvages tachetées ou velues, dévoré d'une faim terrible et de douleurs, et en proie à d'intolérables inquiétudes ; et l'écho résonne au loin de ses cris [190] affreux et répétés.

NÉOPTOLÉMOS.
Il n'est rien en ceci dont je sois étonné. Si je comprends bien, ses maux lui viennent des Dieux, de la cruelle Khrysè. Si, maintenant, il souffre de ce mal, sans être soigné par personne, c'est que la volonté des Dieux n'est pas qu'il lance ses flèches divines et [200] invincibles contre Troia, avant que le temps soit venu où ils ont décidé qu'elle serait renversée.

LE CHŒUR.
Strophe III.
Tais-toi, enfant.

NÉOPTOLÉMOS.
Qu'est-ce ?

LE CHŒUR.
J'ai entendu un bruit, tel que celui d'un homme qui souffre. Est-ce ici ou là ? C'est le bruit de quelqu'un qui marche avec peine. La voix lamentable entendue de loin ne m'a pas trompé et navre ceux qui l'entendent. Voici qu'il se lamente distinctement.
Antistrophe III.
[210] Mais songe, enfant...

NÉOPTOLÉMOS.
A quoi ?

LE CHŒUR.
A de nouvelles inquiétudes. Il n'est pas loin ; le voici. Ce n'est pas un pasteur qui joue de la flûte, mais un homme qui hurle affreusement, soit qu'il ait heurté son pied, soit qu'il ait vu la nef sur la côte inhospitalière, car il crie affreusement.
Scène 01 - vers 1 à 135 - Ulysse et Néoptolème s'entendent sur la stratégie à adopter pour ravir à Philoctète son arc. Auteur : Sophocle Philoktètès [Référence : Sophocle, traduction nouvelle. Editeur : Alphonse Lemerre. 1877. Pages 298 à 301.] Scène 03 - vers 220 à 390 - Neoptolème rencontre Philoctète.

Notes de Mythorama

Leconte de Lisle ne traduit pas les noms propres, ou, plus précisément, il procède à une stricte translittération, c'est-à-dire à une transposition des signes de l'alphabet grec ancien dans les signes de l'alphabet français, cherchant la prononciation la plus proche. Ainsi, il n'adopte pas les transcriptions en usage aujourd'hui et reste fidèle à la prononciation grecque. De surcroît, suivant en cela le texte en grec ancien, le traducteur désigne souvent un personnage par une épithète ou des épithètes composées (un ou des mots qualifiant le héros ou le dieu par un de ses ascendants ou bien par des références plus élaborées encore). Ces choix de traduction sont précis et rigoureux, mais l'accessibilité du texte français s'en trouve réduite. Aussi, pour aider le lecteur, la plupart de ces noms, indiqués alors en noir, sont traduits : en laissant le curseur de la souris quelques instants au-dessus du mot apparaît une info-bulle indiquant l'orthographe usuelle du mot. Cliquer sur ces mots renvoie à l'encyclopédie qui donne davantage d'informations.


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Samedi 14 Janvier 2006
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