| | Extrait - Scène 11 - vers 1082 à 1152 - Les femmes hellènes pleurent de ne pouvoir s'échapper avec Iphigénie, Pylade et Oreste. |
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Euripide, Iphigénéia chez les Taures traduit du grec ancien par Leconte de Lisle 
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IPHIGÉNÉIA.
Ô Vénérable ! qui, sur le rivage d'Aulis, m'as délivré de la main meurtrière de mon père, sauve-moi maintenant encore, ainsi que ceux-ci, ou, jamais plus, aucun homme n'en croira la parole de Loxias. Mais, sois-nous propice, et quitte cette terre barbare pour Athèna. Il ne te convient pas, en effet, de rester ici, quand tu peux habiter une Ville heureuse.
LE CHŒUR
Strophe I.
Oiseau qui, autour des écueils rocheux de ta mer, [1090] chantes ta destinée lamentable ! HaIkyôn, qui, de ta douce voix bien comprise des sages, pleures toujours ton époux, je mêle mon deuil au tien, oiseau sans ailes que je suis, regrettant les agoras Hellanes et Artémis Lokhia qui habite le haut Kynthios, sous le léger feuillage des palmiers, [1100] sous les lauriers ombreux et l'olivier verdoyant et sacré cher à Latô qui enfantait, auprès du lac circulaire où le Cygne harmonieux célèbre les Muses.
Antistrophe l.
Oh ! que d'innombrables larmes tombèrent sur mes joues, quand, loin des tours renversées, je montai sur les nefs [1110] pleines d'avirons et de lances ennemies ! Vendue au prix de beaucoup d'or, je vins sur cette terre Barbare où je sers la vierge, fille d'Agamemnôn, et sacrificatrice de la Déesse tueuse de corps, et les autels qui reçoivent les victimes, enviant ceux dont la destinée a toujours été misérable ; car il souffre moins, celui qui a été élevé dans le malheur. [1120] Mais la prospérité est changeante, et la vie est dure aux mortels qui souffrent après avoir été heureux.
Strophe II.
Pour toi, Maîtresse, une nef argienne à cinquante avirons te portera dans tes demeures, et la flûte enduite de cire de Pan montagnard encouragera les rameurs, et le divinateur Phoibos, au son retentissant des sept cordes de la Lyre harmonieuse, [1130] te conduira en chantant, et heureusement, dans la féconde terre des Athènaiens. Tu me laisses ici, et tu seras emportée par les avirons impétueux et les cordages déploieront au-dessus de la proue les voiles de la nef rapide !
Antistrophe II.
Plût aux Dieux que, dans le splendide Hippodrome, où marche le feu ardent de Hèlios, [1140] je pusse arrêter le vol de mes ailes sur le foyer domestique et me mêler aux danses où, vierge digne de nobles noces, je menais devant ma chère mère les thiases de mes égales en âge, où je disputais le prix de la beauté, où, enrichie de beaux tissus et d'ornements variés, [1150] j'ombrageais mes joues de boucles flottantes ! |  |
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Notes de MythoramaLeconte de Lisle ne traduit pas les noms propres. Ainsi, il n'adopte pas les transcriptions en usage aujourd'hui et reste fidèle à la prononciation grecque. La plupart de ces noms, indiqués alors en noir, sont traduits : en laissant le curseur de la souris quelques instants au-dessus du mot apparaît une info-bulle indiquant l'orthographe usuelle du mot. Cliquer sur ces mots renvoie à l'encyclopédie qui donne davantage d'informations.
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