| | Extrait - Scène 16 - vers 1435 à 1499 - La déesse Athéna intervient. |
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Euripide, Iphigénéia chez les Taures traduit du grec ancien par Leconte de Lisle 
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ATHÈNA.
Où mènes-tu cette attaque, Roi Thoas ? Écoute les paroles d'Athèna que voici. Cesse cette poursuite et n'excite plus l'impétuosité guerrière. En effet, conduit par les oracles fatidiques de Loxias, Orestès est venu ici, fuyant la colère des Érinnyes, [1440] afin de ramener sa sœur dans Argos et de transporter sur ma terre la statue sacrée par laquelle les maux présents seront finis. Telles sont les paroles que je t'adresse. Pour Orestès, que tu as résolu de tuer en le surprenant dans la tempête marine, déjà Poseidôn, en ma faveur, a rendu tranquille le dos de la mer, et le transporte sur sa nef. Mais toi, Orestès, écoute mes ordres, car tu entends la voix d'une Déesse, bien que tu ne sois point ici : Va, possédant la statue et ta sœur. Une fois arrivé dans Athèna divinement bâtie, [1450] il est un lieu sacré, à l'extrémité de l'Atthide, proche du rivage de Karystia, que mon peuple nomme Halas. Là, ayant bâti un temple, tu y placeras la statue, sous un nom qui rappellera la terre Taurique et les épreuves que tu as supportées en errant à travers la Hellas, poursuivi par les fouets des Érinnyes. Et les mortels chanteront désormais Artémis sous le nom de la Déesse Tauropole. Quand le peuple célébrera le souvenir de l'expiation de ton meurtre, qu'on approche une épée [1460] de la gorge d'un homme, et qu'on en tire du sang, en signe de piété pour la Déesse, et pour qu'elle reçoive les honneurs qu'on lui doit. Toi, Iphigénéia, sur les roches sacrées de Braurôn, il faut que tu sois la gardienne du temple de la Déesse. Morte, tu y seras ensevelie, et les péplos au beau tissu, qu'auront laissés les femmes qui auront rendu l'âme en enfantant, seront tes monuments funéraires. Je t'ordonne de ramener aussi ces femmes Hellènes, en récompense de leur bienveillance pour ta cause. Puisque je t'ai [1470] déjà sauvé, sur la colline d'Arès, par l'égalité des suffrages, je veux, Orestès, d'après la même loi, qu'il soit absous, celui qui aura l'égalité des suffrages. Emmène ta sœur loin de cette terre, et toi, ne t'irrite point, Thoas !
THOAS.
Reine Athana, celui qui, ayant entendu les ordres des Dieux, n'obéit pas, n'a pas l'esprit sain. Je ne m'irriterai donc, ni contre Orestès, s'il enlève la statue de la Déesse, ni contre sa sœur. Il n'y a rien de beau, en effet, à lutter contre la puissance. [1480] Qu'ils s'en aillent sur la terre avec l'image de la Déesse et qu'ils y déposent heureusement la statue ! Je renverrai aussi ces femmes dans l'heureuse Hellas, puisque ta voix me l'ordonne, et je retiendrai l'armée que je conduisais contre ces Étrangers, ainsi que les avirons de mes nefs, puisqu'il te plaît ainsi, ô Déesse !
ATHÉNA.
Je t'approuve, car le Destin commande sur toi et sur les Dieux. Soufflez, ô vents, et menez à Athèna sur sa nef, le fils d'Agamemnôn ! Je t'accompagnerai moi-même en veillant sur la statue vénérable de ma sœur.
LE CHŒUR.
[1490] Allez ! heureux d'avoir eu la vie sauve par une destinée propice ! Ô toi, Vénérable entre les Immortels et les mortels, Pallas Athana ! nous ferons ce que tu ordonnes. Combien elle est douce et inespérée, la nouvelle que mes oreilles ont entendue ! Ô Victoire très vénérable, accompagne toute ma vie, et ne cesse jamais de me couronner ! | |
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Notes de MythoramaLeconte de Lisle ne traduit pas les noms propres. Ainsi, il n'adopte pas les transcriptions en usage aujourd'hui et reste fidèle à la prononciation grecque. La plupart de ces noms, indiqués alors en noir, sont traduits : en laissant le curseur de la souris quelques instants au-dessus du mot apparaît une info-bulle indiquant l'orthographe usuelle du mot. Cliquer sur ces mots renvoie à l'encyclopédie qui donne davantage d'informations.
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